C’est dans la petite ville Langouët, composée de 600 habitants, qu’un maire, Daniel Cueff, s’est fixé l’objectif de rendre sa ville 100% écologique en l’espace de quelques années.

Daniel Cueff

Portrait de Daniel Cueff

Daniel Cueff est un cas écologiste de première heure, en effet, dans les années 1970 déjà, il s’opposait au projet de centrale nucléaire à Plogoff dans le Finistère.

Il s’installe dans la petite ville de Langouët en 1990, une ville pourtant très éloigné de l’état d’esprit du développement durable et pratiquant l’agriculture intensive depuis 1984.

Par l’intermédiaire d’une élection partielle, il devient le maire de la ville en 1999.

Le nouveau maire arrive donc avec un esprit écologique, une façon de penser qui était bien souvent rejetée, non pas pour l’esprit écologique mais car il est toujours difficile de faire accepter le changement dans une situation qui ne parait pas problématique à la population locale.

Il a donc appliquée une stratégie simple, il communique peu et met en place de nombreuses actions afin de ne pas perdre de temps avec les oppositions.

L’idée est que lorsque les solutions écologiques sont mises en place, cela démontre que les solutions sont applicables et réfléchies, il est plus facile de convaincre avec des éléments concrets que par le biais d’un débat où il est difficile de convaincre sans exemple.

Les actions pour l’écologie

Cela commence donc avec son entrée à la mairie en 1999, durant cette année, il interdit l’usage des produits phytosanitaires utilisés pour l’entretien des espaces de la commune, la justesse de son action semble s’être confirmée puisqu’une loi interdisant l’utilisation de ces produits dans toute la France a fait son apparition en 2017.

En 2003, il décide de rénover l’école de la ville avec pour matières la pierre et le bois, il en profite pour faire équiper l’école d’un système de récupération des eaux de pluie et de panneaux solaires.

En 2004, il met en place un vote pour que l’école procède à une alimentation 100% bio au sein de sa cantine.

Ensuite, en 2005, il fait construire le premier éco lotissement de Bretagne, ces logements sont chauffés à l’aide de poêles à granulés et sont également équipés de panneaux solaires pour chauffer l’eau, ce qui permet aux logement d’une centaine de mètres carrés de se chauffer pour 160 euros par an.

L’expérience semble avoir été satisfaisante puisqu’un nouveau éco lotissement fut construit en 2010.

Actuellement, l’énergie solaire permet d’alimenter la totalité des bâtiments publics de la ville.

Dans cette continuité, par le biais d’une association comprenant la mairie et les habitants de la ville, une nouvelle installation photovoltaïque est en cours de mise en place afin que la ville ait une consommation électrique autonome d’ici 10 ans.

Daniel Cueff ne s’arrête pas là, il souhaite que la politique favorable à l’environnement dégage un impact vraiment positif pour celui-ci, il souhaite que les prochaines maisons écologiques produisent plus d’énergie qu’elles n’en consommeront.

Cela se ferait à l’aide de matériaux réutilisable qui absorberont le CO2, tout en étant équipées de potagers en accord avec sa volonté de restaurer un lien entre la consommation et la production

Des difficultés pour atteindre le 100% écologique en ville

Il lui reste une difficulté particulière, 90% de la population de la ville travaille et ne peut pas se passer des voitures, il a tout de même mis en place des voitures électrique en autopartage, ainsi que des vélos électriques mais ce n’est pas suffisant.

Le maire est logiquement opposé à l’agriculture chimique, il a donc décidé en mai dernier d’interdire l’utilisation des pesticides à une distance inférieure à 150 mètres des habitations et notamment les écoles afin de faire un premier pas dans la transition sans pesticide.

Malheureusement, la préfecture lui force la main pour retirer son arrêté sous raison que cette décision relève du ministère de l’agriculture.

Bilan positif pour l’écologie de Daniel Cueff

Bien que la ville de Langouët fût décrite comme opposée aux changements d’ordres écologiques, le bilan du maire semble positif puisqu’il a été réélu dès le premier tour en 2008 avec 68% des voix et en 2014 avec 78% des voix.

De plus, la ville est celle qui a eu le plus grand taux de vote pour le parti écologique lors des dernières européennes avec 30% des voix pour les verts.