Le gaspillage alimentaire est un combat essentiel quand on sait que l’on a épuisé les ressources naturelles à partir du 1er Août et que le reste de l’année nous vivons sur Terre à crédit.

Autrement, il nous faudrait 1,7 planète pour répondre à nos besoins annuels. Et encore il faut noter que selon le mode de vie en France, nous épuisons nos ressources dès le 5 Mai.  Si cette date d’épuisement des ressources prend en compte plusieurs éléments différents comme notamment l’énergie et la pollution, la réduction du gaspillage alimentaire à elle seule permettrait de faire gagner 38 jours à cette date à l’échelle mondiale.

Les chiffres du gaspillage alimentaire en France en 2018

Si réduire le gaspillage alimentaire nous ferait gagner autant de jours avant que nous vivions à crédit sur la planète c’est parce que le gaspillage alimentaire en France représente déjà :

  • 29kg, soit 108€ de nourriture gaspillée par Français chaque année, ce qui représente un repas par semaine.
  • A l’échelle nationale nous atteignons donc les 10 millions de tonnes de nourritures qui finissent à la poubelle, soit 16 milliard d’euros jetés.
  • Si en plus de l’assiette des ménages on ajoute la filière alimentaire, le gaspillage explose et atteint 155 kg par Français chaque année ! Soit 240€ de nourriture gâchée par Français.
  • Dans l’ensemble de la filière alimentaire, 33% de la nourriture serait gaspillée par les consommateurs, 32% par les producteurs, 14% lors de la distribution, et 24% pendant la transformation.

Le gaspillage alimentaire dans l’UE (2010)

A l’échelle Européenne en 2010, il était estimé que nous gaspillions 88 millions de tonnes de nourriture soit 173 kg par habitant !

La France se situait donc sous la moyenne européenne avec ses 155 kg par Français.

Si la France était bonne élève, il faut noter que la moyenne de l’Union Européenne était très alourdie par le top 3 des gaspilleurs Européens : Les Pays Bas avec 541 kg de nourriture gaspillée, la Belgique avec 345 kg de gaspillage et Chypre qui gâche 327 kg de nourriture pour un habitant chaque année.

Tandis que le top 3 des meilleurs élèves est représenté par la Slovénie avec 72 kg, la Roumanie avec 76 kg et Malte avec 76kg également.

Le gaspillage alimentaire à l’echelle mondiale

En 2011, cela représente 1,3 milliard de tonnes d’aliments gaspillées chaque année, cela revient à 41,2 tonnes de nourriture jetée toutes les secondes et représente le tiers de la production mondiale…

Il a été observé que dans les pays avec de meilleurs revenus, la majorité du gaspillage se fait auprès des consommateurs que dans le reste de la chaîne alimentaire. Tandis que dans les pays à faible revenu, le gaspillage est bien plus présent au niveau de la distribution et de la production.

Lors du tri par continent on observe que l’Amérique du Nord et l’Océanie sont les plus gaspilleurs avec une moyenne de 295kg de gaspillage alimentaire par personne par an, suivi de l’Europe où le gaspillage s’élève à 280kg par personne chaque année, et la troisième place du triste podium revient à l’Asie (côté industrialisé) avec un habitant gaspillant 240 kg chaque année.

Gaspillage par les dates de péremption

Les dates de péremption ont récemment fait parler d’elles puisqu’elles incitent bon nombre de consommateurs à jeter des produits pourtant encore consommables.

En effet, de nombreuses personnes ne font pas la différence entre les mentions « à consommer de préférence avant » et « à consommer jusqu’au », les deux mentions n’ayant pas le même message, dans le premier cas il s’agit que de pertes de saveurs ou de texture qui peuvent se produire sans pour autant être dangereux pour la santé.

Pourtant 25% des consommateurs affirment ne jamais consommer les produits lorsqu’ils ont dépassé la date affichée, 26% supplémentaire déclarent même jeter leurs produits un jour avant la date limite affichée.

Alors pour cette raison et éviter le gaspillage, les grands distributeurs sont incités à ajouter la mention « mais pas mauvais après » comme le font certaines laiterie en Norvège.

Selon la passionaria anti-gaspillage, si l’on ajoute un jour de vie supplémentaire à la date de péremption des produits, cela réduirait de 170 000kg chaque année le gaspillage alimentaire ce qui représente 20% du gaspillage alimentaire dû à la date de péremption.

Des lois et pactes pour lutter contre le gaspillage

Au fil des années, quelques mesures sont passées afin de lutter et réduire le gaspillage.

Le premier pas est effectué en 2013 à l’aide du Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire, lequel est signé entre l’Etat et les acteurs de la chaine alimentaire, ce pacte comprend 11 mesures dont l’objectif est de diminuer de moitié le gaspillage alimentaire d’ici 2025.

En 2016, un second pas est franchi lors de la loi relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire, désormais tous les supermarchés de plus de 400m² seront obligés de faire don de leurs produits alimentaires à des associations d’aide alimentaire pour les plus démunis, dans le cas contraire les supermarchés risque une amende de 3750 euros.

Cette loi se laissait attendre puisque de grandes quantités de produits alimentaires encore consommables étaient détruits ou rendus impropres à la consommation pour être jetés sans que des personnes puissent les consommer en fouillant les détritus…

En Mai 2018, c’est le projet de loi agriculture et alimentation qui a été adopté afin d’imposer les diagnostiques et dons alimentaires aux restaurations collective et à l’industrie agroalimentaire.

De nouvelles lois pour compléter celles interdisant la destruction de produits consommables sont en cours d’étude afin de favoriser une économie circulaire et réduire le gaspillage, car en effet une grande part du gaspillage est effectué dans uniquement car les produits ne permettaient plus légalement de faire du profit ce qui d’un point de vue éthique est très contestable.