L’année 2017 a été une année sombre pour les défenseurs de l’environnement selon l’ONG britannique Global Witness, l’organisme a publié un rapport mettant en lumière les meurtres d’au minimum 207 personnes qui défendaient les droits de l’environnement… Cela revient à près de 4 personnes assassinées chaque semaine pour leurs convictions.

Le meurtre de ces défenseurs n’est pas nouveau, mais cela reste inquiétant, d’autant plus que c’est la première fois que le chiffre est aussi élevé, plus effrayant encore, on apprend que plus d’une personne sur quatre tuée l’est avec l’association des forces gouvernementales.

La moitié de ces actes atroces seraient commis par des gangs criminels sans liaison avec l’Etat, même si le chiffre pourrait être plus élevé puisqu’il est difficile de recueillir ces données pour en faire des statistiques.

Ce qui est grave dans ces faits est le fait que ces crimes sont généralement impunis, ce qui ne risque pas de dissuader ces actes barbares.

Ils sont souvent impunis car « On assassine des militants locaux parce que les gouvernements et les entreprises accordent plus de poids au profit rapide qu’aux vies humaines. Les rayons de nos supermarchés sont remplis de produits issus de ce carnage. Or les communautés courageuses qui résistent aux fonctionnaires corrompus, aux industries destructrices et à la dévastation environnementale sont brutalement réduites au silence », dénonce Ben Leather le responsable de campagne chez Global Witness.

deforestation environnement

Une carte qui annonce où il est dangereux de défendre l’environnement

Global Witness a pu localiser où se sont produits ces évènements tragiques afin d’analyser les zones dans lesquelles il est le plus dangereux de défendre l’environnement.

Les zones en tête de classement en termes de dangerosité pour les militants sont le Brésil, le Mexique, le Pérou et le Nicaragua, ces pays font monter l’Amérique Latine à 60% des meurtres liés au bien être de l’environnement.

Le Brésil se place en première place des pays les plus dangereux pour cette activité, il rassemble plus d’un quart des meurtres à travers le monde avec 57 meurtres à déplorer en 2017.

Il est suivi par les Philippines comptabilisant 48 militants assassinés la même année qui est dit « le chiffre le plus élevé jamais enregistré dans les pays asiatiques » selon les experts de Global Witness.

La violence selon les secteurs

L’ONG annonce que le secteur le plus concerné par l’élimination de cibles dérangeantes est l’agrobusiness où l’on dénombre 46 personnes tuées, suivi par l’extraction minière qui a récolté 7 meurtres supplémentaires par rapport à l’année précédente le faisant ainsi atteindre le nombre de 40 meurtres.

La troisième place de ce triste classement revient au secteur de l’abattage concerné par 23 retraits de vie.

L’ensemble de ces secteurs sont les sources des produits que nous retrouvons dans les supermarchés de nos contrées, le plus connu étant l’huile de palme, le soja et d’autres produits. Hernan Bedoya a lui été abattu de 14 balles en Colombie par un groupe paramilitaire afin de l’empêcher de protester contre l’extraction de l’huile de palme sur les terres qui ont été prises de force à sa communauté, ce genre d’exemple existent par centaine chaque année.

Si ces ressources n’étaient pas aussi demandées, les actes n’iraient sans doute pas jusqu’ici, mais tant que nous continuons à les consommer, nous agissons en connaissance de cause et faisons de sorte à ce que ces agissements se perpétuent.

Au-delà des meurtres, il y a les menaces et les violences

Bien que certains pourraient trouver le nombre d’homicides « faible » à l’échelle mondiale, le mal est fait de bien d’autres manières afin de dissuader les militants, ils sont nombreux à subir des arrestations qui se terminent sur du harcèlement judiciaire. D’autres reçoivent des menaces de morts ainsi que leur famille.

Pire encore, cela va jusqu’à des surveillances illégales, des enlèvements et violences sexuelles.

Tant d’actes cruels différents afin de tenter de dissuader tout militantisme qui voudrait essayer d’arrêter leurs actions malveillantes, d’autant plus que les coupables de ces immondices arrivent bien souvent à agir sans la moindre retombée.

Pourtant on peut souligner le courage des engagés pour préserver la nature qui malgré tous ces risques ne baissent pas les bras.

Fort heureusement cette communauté s’agrandit chaque année et gagne en force et donc en visibilité ce qui leur permettra de continuer à gêner leurs détracteurs, et peut être que ces derniers réaliseront que la violence ne résoudra pas leurs problèmes, bien au contraire.

 

Toutefois Global Witness estime qu’il est du devoir des consommateurs d’entamer la lutte puisque rappelons-le, en étant la demande le consommateur pousse à générer l’offre.

Mais également celui des gouvernements et investisseurs qui se doivent également de réduire la corruption, renforcer les législations et les faire respecter pour que justice soit rendue aux défenseurs et communautés opprimées afin de rendre le commerce plus juste et responsable.