Nous avions vu l’arrivée du gaz renouvelable et sa facilité de production, bénéfique en tout point écologiquement parlant sa production commence à se démocratiser à tel point qu’une étude de l’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (Ademe) travaille sur une généralisation de ce gaz pour 2050.

récipient biogaz

La situation en 2017

En France, 11 millions de foyers consomment du gaz, cette consommation est alimentée majoritairement pas du gaz fossile que l’on importe, le souhait est que ces 11 millions de foyers deviennent rapidement alimentés en gaz renouvelable, les réseaux qui se chargent du transport et de la distribution du gaz (GRDF et GRTgaz) et l’Ademe se sont interrogé sur ces possibilités lors d’une étude publiée mardi 30 janvier.

Bien que le gaz représente 21% de la consommation énergétique Française, aujourd’hui le biogaz ne représente que 0,1% de la consommation de gaz en France, ce qui s’avère très peu quand on sait que tous les pays du monde sont dans une course à la transition énergétique. Dans cette course, la chaleur et le gaz est souvent négligé selon Bruno Léchevin, le président de l’Ademe.

Actuellement, 65% de la production d’énergie renouvelable est apporté par la biomasse, c’est le bois-énergie qui est l’énergie renouvelable la plus utilisée avec 40% suivi des biocarburants à hauteur de 11%, le biogaz ne représente que 2% de la production.

Si la présence de biogaz est plutôt faible en France, son potentiel est considérable car sa progression est rapide, peu couteux, le réseau GRDF espère d’ailleurs que sa présence représentera 30% du gaz en 2030.

Cette production alternative permettrait de rendre le pays indépendant sur sa consommation de gaz puisqu’actuellement afin de n’en manquer la France importe celui-ci auprès de la Russie, Norvège et l’Algérie. Tout en rappelant que cette énergie renouvelable répondrait au besoin de la chaleur, mais aussi de l’électricité et du carburant.

Côté production électrique

En mars 2017, 506 installations ont produit de l’électricité à partir du biogaz dont la puissance totale équivaut à 399 MW.

Lors du premier trimestre 2017, c’est pas moins de 465GWh d’électricité qui a été produit et 10 MW qui ont été raccordés, ce qui est 2,5 fois plus élevés par rapport au même trimestre l’année précédente.

En 2017, il y avait d’ailleurs 187 unités pour une puissance de 87 MW en file d’attente à travers certains projets.

Biométhane dans le réseau gaz naturel

Pour ce qui est du biométhane, il y en avait 32 installations dont la capacité maximale représente 497 GWH/an en fin mars 2017, soit 21% de plus que l’année 2016.

Le gain de capacité s’accélère également puisque pour ce trimestre en 2017, nous avions gagné 86 GWh/an ce qui est 3 fois plus que le premier trimestre 2016.

Il y avait 252 projets supplémentaires inscrits en file d’attente au 31 mars 2017, ce qui représente 5,6 TWh/an, soit 10% de projets supplémentaire par rapport à l’année précédente, bien la quantité d’énergie produite et de projet s’intensifient, l’objectif de l’Etat fixé à 10% de gaz renouvelable consommé en France en 2030 n’est pas estimé atteignable à l’heure actuelle.

Les soutiens de l’Etat

Le Ministère de l’Ecologie et le Ministère de l’agriculture avaient soutenu les projets de méthanisation en 2013 à l’aide du plan Energie Méthanisation Autonomie Azote (EMAA) dont l’objectif est d’atteindre les 1000 méthaniseurs à la ferme pour 2020.

En Parallèle, L’Ademe a mis en place un Fonds chaleur en 2009, dont 1,2 milliards d’euros investis sur la période de 2009 à 2013, et s’est ensuite vu sanctuarisé après cela. Ce Fonds chaleur permet d’apporter un soutien à la production de chaleur pour les habitants, collectifs, agriculture, industrie à travers les productions renouvelables dont celle du biogaz.

 

Ce que l’on peut voit c’est qu’au fil du temps, l’utilisation des énergies renouvelables s’accélère avec une conversion de plus en plus rapide et élevée et des projets et fonds d’investissements importants garantissant la continuité de ce projet pour l’avenir. Toutefois bien qu’il y ait des investissements, ils restent difficiles à obtenir car la rentabilité s’avère faible en dehors des subventions.