La lutte contre le gaspillage est vitale lorsque l’on sait que de nombreuses personnes ne mangent pas à leur faim, selon le Centre d’observation de la société, en France, 3,9 millions de personnes ont dû recourir à un service d’aide alimentaire en 2013 afin de se nourrir.

Pendant ce temps, chaque année environ 10 millions de tonnes de nourriture encore consommables se retrouvent dans nos poubelles, soit 16 milliards d’euros de jetés qui auraient pu faire des heureux…

Bien que la quantité de gaspillage en France soit importante, si l’on se base sur les chiffres annoncés par la commission européenne en 2010, nous sommes plutôt bons élèves à l’échelle de l’Union européenne en gaspillant 136 kg par habitant contre une moyenne de 173 kg par habitant gaspillés dans l’ensemble de l’Union.

Le gaspillage provient majoritairement des consommateurs qui sont la cause de 33% du gaspillage, suivi de près par les producteurs responsables de 32% du gaspillage. Du côté de la transformation et la distribution de nourriture le problème est moins présent même s’il reste tout de même important en participant à hauteur de 21% et 14% du gaspillage Français

Des mesures pour lutter contre le gaspillage

Petit à petit la lutte contre le gaspillage en France prend de l’ampleur à travers plusieurs mesures appliquées au fil des années :

En 2013, est arrivé le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire avec 11 mesures se basant essentiellement sur de la prévention et communication afin d’éduquer les Français contre le gaspillage. Lors de ce Pacte, le gouvernement s’est fixé l’objectif de diviser le gaspillage par deux d’ici 2025.

En 2016, arrive cette fois ci une loi s’adressant aux grandes enseignes, les supermarchés dont la taille est supérieure à 400m², en leur imposant la création de partenariat avec une association d’aide alimentaire tout en interdisant aux distributeurs la destruction des produits invendus encore consommables, auquel cas une amende de 3750 euros serait prononcée. Cette mesure a permis de récupérer 12% de repas supplémentaires en 2017. Toutefois, il reste du progrès à faire puisque selon le Monde, 55% des points de vente qui ont été sondés n’ont pas organisé de collecte quotidienne.

Dans la continuité de la loi apparu en 2016, le mercredi 30 mai 2018 a été adopté un article de projet de loi agriculture et alimentation qui devra être confirmé au sénat fin juin. Dans le cas où cette mesure se verrait validée, les obligations imposées par la loi du 11 février 2016 seraient étendues à de nouveaux acteurs tels que la restauration collective et l’industrie agroalimentaire afin d’augmenter la participation contre le gaspillage. Un diagnostic obligatoire fait également partie de ce projet de loi afin de mieux vérifier l’efficacité de ces mesures et de les chiffrer plus efficacement.

Des initiatives civiques contre le gaspillage

Bien que les mesures adaptent les comportements vis-à-vis du gaspillage, certaines initiatives sont prises par nos citoyens afin de venir en aide au gouvernement contre le gaspillage, c’est le cas de l’application Too Good To Go qui signifie « Trop bon pour être jeté ». Cette application âgée de 2 ans et crée par Lucie Basch permet aux commerçants d’un quartier de communiquer leurs invendus après fermetures aux habitants du coin qui pourront venir les récupérer à un prix préférentiel.

Cette solution permet à tous les partis d’être gagnants en apportant aux consommateurs des prix réduits et en épargnant aux commerçants de jeter leurs invendus. Cette application rassemble aujourd’hui 3500 commerçants comme les épiceries, boulangeries, fleuristes, etc.. et 1,3 millions de clients.

Dans le même esprit, une boutique physique « NOUS » a pour objectif de récupérer et vendre à prix réduits les produits que les grandes enseignes refusent pour des raisons esthétiques, logistiques, ou d’emballages. Ainsi les clients pourront économiser entre 20 et 30% sur la facture des courses tout en réduisant le gaspillage des distributeurs.

 

La lutte contre le gaspillage commence à s’élever efficacement notamment à l’aide des mesures appliquées par le gouvernement vis-à-vis des distributeurs qui a permis d’augmenter efficacement les dons aux associations. Des initiatives de la population Française commencent également à fleurir afin de participer à cette lutte et convertir les esprits.
Il faut tout de même noter que les consommateurs et producteurs sont les deux principales causes du gaspillage, il reste donc nécessaire de communiquer et sensibiliser afin d’augmenter la quantité de personnes éduquées contre le gaspillage.