Nous en parlions il y a quelques jours, le Royaume-Uni a avancé sa volonté de bannir les plastiques à usage unique d’ici 25 ans en commençant dans un premier temps par les pailles interdites en 2020.
Il faut croire que cela a inspiré la Commission européenne, puisque celle-ci a rendu publique une proposition en accord avec sa politique de réduction des émissions de carbone et de lutte contre l’invasion des mers et des océans par les déchets plastiques.

Quels sont les produits visés et les actions de la proposition ?

Les couverts, assiettes, pailles, mélangeurs de cocktails, tiges de ballon de baudruche et autres sont des produits jetables en plastiques qui sont responsables d’environ 70% des déchets marins ce qui est très loin d’être négligeable, il est donc évident que cela soit essentiellement ceux-là qui se voient ciblés par une interdiction de production, il sera alors nécessaire d’utiliser de nouveaux matériaux plus écologiques, biodégradables ou mieux recyclables.

En prime de ces produits, la proposition s’attaque également aux boissons, plus précisément sur leurs récipients qui sont également à usage unique, leur commercialisation sera possible uniquement si leur couvercle/bouchon sera attaché au reste du récipient afin qu’ils ne soient plus séparés, perdu dans la nature et ensuite ingérés par des animaux. Cristaline est d’ailleurs allé dans ce sens produisant des bouteilles avec un nouveau bouchon « clic clac » qui reste solidaire à la bouteille.

Lorsque la directive deviendra officielle, les 28 pays membres de l’union auront donc un délai de 6 ans afin de trouver une alternative et réduire significativement les produits plastiques utilisable une seule fois tout en assurant une collecte de 90% des bouteilles en plastique par un système de consigne ou autre.

Pour ce qui est des pollueurs n’ayant pas ou peu d’alternatives comme c’est le cas pour les filtres de cigarettes, gobelets, emballage de chips, un principe de « pollueur-payeur » est mis en place, ils devront donc payer un supplément afin de participer au financement du traitement des déchets qu’ils impliquent.

Enfin, certains fabricants, notamment dans le domaine de la protection hygiénique se devront de préciser si leurs produits contiennent du plastique, leur effet sur l’environnement ainsi que la manière dont ils sont éliminés.
Du côté des Etats de l’Union Européenne, ils auront chacun l’obligation de sensibiliser sur les effets néfastes liés aux plastiques jetables et sur la gestion de ces déchets.

Une volonté de converser que les plastiques recyclables à terme.

Comme nous le savons, dans le meilleur des cas seul 50% des plastiques que nous utilisons aujourd’hui seraient recyclables, en parallèle la Commission souhaiterait qu’en 2030 soit totalement mis en place l’industrie du plastique circulaire, c’est-à-dire que l’ensemble des emballages plastiques seraient recyclables et réutilisés dans le processus de production.

C’est la raison pour laquelle petit à petit l’ensemble des produits qui ne peuvent pas être réutilisés se voient petit à petit interdits afin de se rapprocher le plus possible du ratio de 100% des déchets recyclables.

D’ici 2030, cette action permettrait d’économiser 223 milliards d’euros sur les dommages environnementaux et de réduire les émissions CO2 de 3,4 millions de tonnes.

Toutefois, PlasticsEurope précise que la massivité des déchets marins provient avant tout du «manque d’application de la législation liée à la gestion des déchets au niveau national et régional « et estime nécessaire l’interdiction des décharges pour une utilisation d’infrastructures plus appropriées.

La proposition nécessitera un échange entre le Parlement européen et le conseil des ministres des Etats membres. Afin de mettre en place la proposition avant la fin du mandat de la Commission actuelle qui est fixée en mai 2019, la directive est donc passée en « Dossier prioritaire » et devrait être appliquée en 2022.

Législation pour adapter le comportement citoyen

Chaque nouvelle législation influence le comportement des citoyens, c’est la raison pour laquelle il est nécessaire pour la Commission de les pousser vers un comportement plus responsable, en mai 2015 est arrivée une législation restrictive sur les sacs plastique, suite à cela pratiquement ¾ européens ont indiqué avoir réduit leur consommation de sacs plastiques de 50%, ce qui est relativement appréciable lorsque l’on sait que chaque année 8 millions de tonnes de plastiques se retrouvent dans l’océan affectant l’espace marin et les volatiles qui affectent indirectement l’homme à travers la chaîne alimentaire selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement.

Le comportement s’adapte également à travers les réseaux sociaux et le selfie

En Janvier, il a fait l’apparition d’un nouveau mouvement «Run Eco Team « par le biais du réseau social Facebook. L’idée de la création de ce groupe est venue à son administrateur, Nicolas Lemonnier, en postant des images lors de ses sessions de running, celles-ci n’avaient pas plus de succès que cela. Jusqu’au jour où l’individu s’est photographié avec un paquet de cigarette qu’il a ramassé sur son parcours, l’image a suscité bien plus d’intérêt que les autres postées auparavant, c’est ainsi qu’il a décidé de créer le groupe et est rapidement devenu une association afin de promouvoir la collecte des déchets lors des séances sportives.

On peut dire que l’action est une réussite, en six mois le groupe se retrouve avec pas moins de 1200 abonnés éparpillés dans une vingtaine de pays différents. Mais le mouvement ne s’arrête pas là, en Juillet 2016, Nicolas s’est vu contacté par le créateur du réseau social Facebook qui a déclaré être très intéressé par son initiative.

Après de multiples échanges par courrier électronique entre Nicolas Lemonnier et Mark Zuckerberg, l’initiateur du mouvement s’est vu invité au siège social de Facebook, à San Francisco. Un petit film portant sur Run Eco Team fut alors réalisé par le réseau social, ce qui a permis au mouvement de passer de 1 500 à 14 000 adhérents en l’espace de 48 heures.

Nous voici en Mai 2018, 2 ans plus tard, le mouvement compte désormais 50 000 membres domiciliés dans 104 pays différents qui récolteraient au total 20 tonnes de détritus chaque semaine !

Dans cette lancée, l’association a mis à disposition une application de running dans lequel est intégré un compteur de déchets qui évalue la propreté des parcours, et inciter à faire des parcours pas encore nettoyés.

Eddie Platt, indépendamment du premier présenté, a lancé un mouvement que l’on appelle « 1déchetparjour », lequel invite à poster un selfie lorsque l’on ramasse un déchet tout en identifiant 5 amis pour les inciter à faire de même et rendre la rue plus propre.
L’initiative est efficace, elle permet de le mettre en lumière le sujet, en parler, et surtout inciter plus de personnes à faire de même pour qu’un simple acte citoyen soit effectué par tous et au fil du temps pouvoir le faire régulièrement et naturellement sans avoir à le partager sur les réseaux sociaux.

 

L’Europe commence donc à encadrer l’utilisation du plastique par l’intermédiaire de plusieurs lois, ce qui permettra au fil du temps de ne plus produire de « mauvais plastique » afin d’augmenter le taux de recyclage du plastique et réduire fortement la quantité de plastique dont on ne sait que faire et qui se retrouve généralement dans la nature.
Nous avons vu que cela passe par des restrictions auprès des producteurs, mais aussi par le mode de consommation des européens qui se voit influencer par d’éventuelles taxes supplémentaires.

L’action citoyenne commence à se montrer à travers les réseaux sociaux et avoir un impact intéressant en récoltant plus d’un millier de tonnes de détritus sur une année avec seulement 50 000 participants à travers le monde. Le mouvement pour l’écologie est en bonne marche.